Il existe un moment particulièrement dangereux dans la vie d'un site : le jour où on le refait. Le scénario est toujours le même. Le nouveau site est plus moderne, tout le monde est content, et trois semaines plus tard le trafic s'est effondré de 70 %. Les appels s'arrêtent. Personne ne comprend pourquoi, et le prestataire explique que « Google met du temps à s'habituer ».

Google ne s'habitue pas. Il a simplement perdu le fil, parce que personne ne lui a dit où les pages étaient parties. Voici les cinq erreurs qui causent ce désastre, par ordre de fréquence.

1. Changer les adresses sans prévoir les redirections

C'est de très loin la première cause. Votre ancienne page /nos-services-comptables devient /services. Pour vous, c'est la même page en mieux. Pour Google, l'ancienne a disparu et une inconnue est apparue. Tout le crédit accumulé par l'ancienne, parfois des années, part avec elle.

La parade est connue et mécanique : lister chaque adresse existante et déclarer sa remplaçante par une redirection permanente. Cela se prépare avant la bascule, pas le mois suivant quand quelqu'un s'aperçoit du trou.

2. Laisser le blocage du site de test en place

Pendant sa construction, un site est protégé pour ne pas être indexé, et c'est normal. Le jour de la mise en ligne, quelqu'un doit retirer ce blocage. Quand ce quelqu'un oublie, le site le plus soigné du monde reste invisible. Des sites passent un an dans cet état sans que personne ne s'en aperçoive.

3. Jeter les contenus qui fonctionnaient

« Le texte était vieux, on a tout réécrit. » Sauf que cette vieille page ramenait peut-être la moitié de vos visiteurs. Avant de supprimer quoi que ce soit, il faut regarder quelles pages travaillent : on ne casse pas ce qui marche sous prétexte que c'est ancien. On le garde, avec son adresse, et on l'améliore.

Une refonte ne se juge pas au lendemain de la mise en ligne, mais six mois plus tard : votre trafic a-t-il tenu ?

4. Faire plus beau, mais plus lourd

Les grandes images plein écran et les animations coûtent des mégaoctets. Sur la 4G d'un client en déplacement, le nouveau site met dix secondes à s'ouvrir là où l'ancien, laid mais léger, en mettait trois. Vous avez gagné un prix de design et perdu des clients.

5. Ne rien mesurer avant, donc ne rien pouvoir comparer après

Si vous ne savez pas combien de visiteurs vous aviez avant, vous ne saurez pas ce que la refonte a coûté ou rapporté. Relever les positions, le trafic et les demandes avant la bascule prend une heure. Sans ce point de départ, toute discussion ultérieure devient une affaire d'opinions.

La question à poser avant de signer

Demandez simplement à votre prestataire : « Comment comptez-vous préserver mon référencement pendant la refonte ? » S'il vous parle de cartographie des adresses et de redirections préparées en amont, il connaît son métier. S'il vous répond que Google s'y retrouvera tout seul, vous venez d'éviter six mois de silence.